"Derniers pas sur le Camino Frances de Saint-Jacques de Compostelle"

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Destination : Camino Francès

Voyage : Le Chemin de St Jacques, à pied et en bus, St-Jean-Pied-de-Port à Santiago

Date de départ : 04/09/2016
Quelques pas sur le chemin, en Montagne,
Te laissent percevoir ton rythme, ta puissance,
Tes limites, culminant l’abbaye de Roncevau,
Que tu quittes pour te lancer sur le long chemin.

Après une longue progression, tes pensées
Tombent comme des cailloux sur la route,
En silence, tu poursuis l’avancée,
Dans des lieux solitaires, avec des étapes,
Facilitant l’ouverture de ton cœur aux inconnus.

T’émerveillant des trésors Romans, Gothiques,
Des cathédrales élevées vers le ciel invisible,
Aux retables chargés d’or, illuminant la nef,
Aux vitraux laissant la lumière colorée jouer des ombres,
Pampelune, Burgos, Léon, Astorga, Santiago,
Interrogeant ta place dans ce monde tourmenté,
Trop de mise en scène conviennent-elles au Seigneur ?

Oh ! Soleil brûlant, suspendu à tes dards
Qui pénètrent le corps, l’asséchant de son eau,
Seule la persévérance, sur le sentier douloureux,
Entraine les pieds à avancer dans la lumière,
Au long des murs en pierre plates encadrant la voie.

Oh ! Terre aride, la Meseta, noble et vaste plateau,
A la belle saison tu donnes tes germes de blé,
Ta paille dorée emballée, tes graines de tournesol :
Les hommes viennent alors les cueillir, les emporter
Puis te laissent seule vivre ton immense solitude,
Sans fin, sans lendemain, dénudée dans ta monotonie.

Belle ascension, au-dessus de Castrojeriz,
Plantation de sapins en terrasses humides,
Chemin infini, le long des champs de paille,
Soudain une rivière, un fleuve tranquille
Bordé de Maïs, de betteraves, de légumes !!

En Galice, le Vent chaud caresse les visages burinés,
Parfois violent, il secoue les arbres désorientés,
Les pins accrochés aux rochers vulnérables,
Formant un mur de protection du pèlerin perdu.
Fromista, l’église romane de Saint Martin est sobre,
Un christ souffrant, un pèlerin peiné, un Saint Jacques du don.

Là, la Pluie se transforme en ruisseau,
Emportant les pierres roulant sur le chemin.
La pluie est un don, elle mouille l’air fraichi.
A l’abri de leurs toiles, les pèlerins avancent
S’appuyant sur leur Bourdon de bois allégé,
Têtes baissées, observant le sentier encombré,
Puis, les têtes relevées visent l’horizon humide,
Evitant, les chênes fatigués, les pins glissants…

Certains, pas à pas, captent le silence des plaines,
D’autres se perdent dans le flot de paroles d’hier,
Certains se vident pour trouver leur Soi,
D’autres bavardent pour tromper leur Moi.
Tous, chassant les peurs inexpliquées,
Transforment leurs états d’âme en allégresse.

A l’affût de leur intense émotion, durant la célébration
A St Jacques de Compostelle : la présence invisible
A travers les chants, les orgues, les flammes,
Les harmonies, l’élévation, les prières, la lumière…
Le Botafumeiro encense les pèlerins transformés
Qui, parvenant à leur quête, pleurent de joies, de bonheur !

Christian L
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