Anne-Christine et Michel, voyageurs de retour de Chili et Bolivie

Bonjour Anne-Christine ! Tu reviens avec Michel de notre randonnée "Altiplano andino, désert des Andes" qui traverse le Anne-Christine en BolivieChili et la Bolivie, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Anne-Christine, également surnommée La Souris car je farfouille bien souvent dans mes affaires emballées et cela fait des petits bruits…. J’ai 52 ans et suis mariée depuis 28 ans à Michel. Nous avons deux grands garçons. Michel, que j’ai rencontré dans le cadre du Club Alpin, pratiquait l’alpinisme et le ski de randonnée avec passion. Avec l’arrivée des enfants j’ai dû mettre un frein à mon envie de le suivre, puis petit à petit nous avons pu nous y remettre ensemble. Enfin ensemble est un grand mot, nous sommes ensemble surtout au départ, puis au sommet où il m’attend ! Lors des quelques rares occasions où j’ai eu le plaisir de me retrouver devant, j’ai pu constater que cela lui déplaisait totalement. Mes ennuis de santé rencontrés l’année dernière font que ce scénario ne se reproduira pas de sitôt. Mais aujourd’hui je marche à nouveau avec joie et sans exploser dès que la pente se redresse. Mon souhait est donc de pouvoir profiter encore longtemps de la nature, mais surtout d’arriver à me réjouir d’une simple promenade lorsque ma condition physique l’imposera. Ne pas devenir aigrie et envieuse des sportifs qui foncent devant, ni être nostalgique d’avoir presque pu les imiter durant une période.

Pourquoi avez-vous choisi cette randonnée ? A qui la conseillerais-tu ?

L’automne dernier, nous avons découvert le Pérou, L’île du Soleil et La Paz lors d’un circuit organisé, plutôt orienté voyage touristique. Les hauts plateaux andins nous ont donné l’envie de continuer à découvrir l’Amérique du Sud et tout particulièrement le désert de Uyuni ainsi que la région des volcans Parinacota et Pomerape. Nous souhaitions cette fois marcher durant le voyage, voire gravir un sommet et pourquoi pas un « 6000 ». D’autre part, nous avions tous deux nos dates de vacances déjà bloquées. Des recherches sur internet m’ont orientées sur La Balaguère et ce voyage qui correspondait bien à ces critères. Savoir que des guides francophones allaient nous accompagner durant tout le voyage a définitivement fait pencher la balance en sa faveur.

Ce circuit comblera tout marcheur qui souhaite allier les balades à la découverte d’autres modes de vie et de culture. Il y a peu de difficultés techniques cependant avoir un bon fond d’endurance permettra de bien profiter de la montée et de la vue qu’offre l’Uturuncu, sans oublier sa descente en partie « droit dans l’pentu ». Autre point non négligeable : il vaut mieux savoir apprécier l’eau chaude quand il y en a et ne pas la regretter lorsqu’il faut l’attendre en vain.

Raconte-nous vos meilleurs moments et souvenirs de cette randonnée...

A l’arrivée à Santiago du Chili nous faisons rapidement connaissance avec nos coéquipiers Laurence et Roland, avant de grimper sur la colline San Cristobal grâce à la télécabine.

Nous avons ainsi une belle vue d’ensemble de la capitale, que notre guide Jelena nous présente avec amour et compétence. Puis nous déambulons à pied dans le centre historique et la zone piétonne parfois bondée, lorsqu’un artiste chante, joue ou mime. Tout à coup une bousculade et des cris : Laurence est victime d’une tentative de vol à l’arraché, heureusement sans conséquence fâcheuse. Jelena nous met d’abord au calme dans un petit centre commercial puis nous allons nous restaurer. Il est déjà quasi 16h et nous n’avons rien mangé depuis le petit-déjeuner servi dans l’avion. Le repas du soir sera quant à lui plus vite expédié : un pisco sour et au dodo.

24-25 octobre, J4-5, San Pedro de Atacama : vol interne sans souci de Santiago du Chili à Calama, où nous attend notre deuxième guide, Jean-Marie, et transfert à San Pedro de Atacama. Nous découvrons une petite ville-oasis en plein désert. Pas trace de goudron, l’air est très sec et le ciel magnifiquement bleu. Nous sommes maintenant à 2400 mètres et partons déjà pour une randonnée dans une portion du désert appelée la Vallée de la Lune. L’horizon est immense et très net, une montagne enneigée que l’on voit au loin est en fait située à 300 kilomètres de là. Des dunes dorées entrecoupées de roches de différentes formes et couleurs, nous voici déjà tous enchantés par le spectacle et nous n’en sommes qu’au troisième jour !

Nous enchaînons avec la Vallée de Mars, aussi appelée par erreur la Vallée de la Mort, en espagnol les deux noms se ressemblent et il y a eu une confusion lors de sa découverte. Après avoir lutté contre le vent et le sable pour le passage d’un col, nous admirons le coucher du soleil sur les montagnes andines.

Vallée de Mars Coucher de soleil

Malheureusement nous n’apprendrons pas les noms des étoiles et ne saurons pas repérer la Croix du Sud. La soirée astronomique étant facultative, elle n’est pas réservée à l’avance. Or la soirée donnée en français est complète. Il n’y aura pas non plus de désistements de dernière minute les deux soirées suivantes… il faudra revenir !

Machuca-Rio Grande : l’acclimatation se poursuit par une randonnée qui débute à 4000 mètres. En route, nous longeons une lagune encore quelque peu gelée mais peuplée de flamants roses, nos premiers ! Jean-Marie nous guide le long d’une petite rivière, Peñaliri, à travers un paysage vallonné et presque verdoyant grâce à la présence de l’eau. Les cactus sont en fleurs, tant les géants que les coussins de belle-mère. Une fois de plus nous sommes ravis.

Rivière Penaliri Geysers du Tatio

Geysers du Tatio, 4320 m : une panne de réveil a différé le départ matinal prévu, retard rattrapé par une conduite efficace de notre chauffeur. Mais nous arrivons à temps, le site géothermique du Tatio est situé dans une cuvette et le soleil, que l’on a vu en roulant, est ici encore caché, ouf. Le spectacle nous laisse sans voix. Les chuintements de l’eau projetée et les blub-blub de la boue en ébullition sont parfaitement audibles. Les colonnes de vapeur s’élèvent de partout. Durant nos randonnées, nous avions vu peu de monde, là c’est un rendez-vous incontournable et le site est bien rempli. Jean-Marie connait parfaitement son affaire et nous mène à un endroit moins fréquenté et tout aussi spectaculaire. Les rayons du soleil nous réchauffent petit à petit, il faisait -10° à notre arrivée. Les cars rembarquent leurs passagers et nous voici quasi seuls à savourer ce moment. 

Les colonnes de vapeur diminuent alors que les degrés remontent. Jean-Marie nous expédie faire une petite balade pour parfaire notre acclimatation et pour lui laisser le temps de préparer le petit-déjeuner. Nous nous régalons, tant au niveau gustatif que visuel.

Sur la route du retour, nous découvrons des canards à bec bleu parmi des oies andines, goûtons à des brochettes de lama grillées sous nos yeux et profitons encore d’une autre belle balade parmi les rochers, les cactus géants et toujours sous le ciel bleu.

26 octobre, J6, passage en Bolivie, arrivée à Quetena : et passage obligé à la douane pour les formalités, elle est juste à la sortie de San Pedro de Atacama. La route pour le Chili traverse ensuite toute une zone franche, déserte et aride, au pied du majestueux volcan Licancabur, pour remonter la pente en direction de la frontière « physique » entre les deux pays et un des rares passages possibles. C’est un col dénudé balayé par le vent, le passage Hito Cajon situé à 4480m. Jean-Marie nous remet aux bons soins de notre guide bolivien Edgar. Laurence et Roland sont très heureux de le revoir, il a été leur super guide durant leur voyage en Patagonie, organisé par La Balaguère ! Les gros sacs sont hissés sur le toit de notre nouveau carrosse, une jeep 4x4 Toyota LandCruiser, nous ne verrons que des jeep 4x4 les jours suivants, tout autre genre de véhicule finirait rapidement en pièces détachées. De l’autre côté du col nous attendent des paysages encore plus somptueux et vastes. Des lagunes aux mille reflets et couleurs qui changent en fonction du vent et de leurs composants chimiques. 

Lagune de Bolivie Sommet de l'Uturuncu

La baignade aux thermes de Polques, à 4400m. fut également mémorable. Nous découvrons notre but de demain de suffisamment loin pour l’admirer et se demander si l’on va y arriver.

27 octobre, J7, le grand jour pour la réussite d’un 6000, l’Uturuncu : un habitant du village nous accompagne, nous guide et surtout possède la clé d’une barrière sise sur la piste, ce qui épargne 1000 mètres de dénivelé supplémentaire et peu gratifiant. Freddy est un as du volant, il se joue des pièges de la piste pour finalement nous amener jusqu’à 5400 mètres. Il fait moins froid que ce que nous avions imaginé et le vent est calme. Nous attaquons doucement la montée, un pas après l’autre, lentement. Le guide de Quetena et Edgar nous montrent bien l’exemple. Il faut boire régulièrement, 3-4 gorgées à la fois, pas plus. Tout se passe bien, nous progressons lentement mais sûrement. Le froid s’intensifie, ainsi que le vent. Une halte plus conséquente pour se sustenter, boire, rajouter une ou deux couches, admirer les pénitents - pas sur notre chemin mais tout proches - et nous attaquons la dernière traverse qui amène sous le sommet. Encore quelques mètres et nous y sommes. Sur notre toit du monde du jour, le vent est moindre que durant la montée et nous pouvons vraiment profiter de ce moment spécial.

Ascension Uturuncu Uturuncu

Il faut pourtant penser à redescendre ! Le début de la descente s’effectue par un autre versant et directement dans les pentes recouvertes de cendres. Un pas est très gratifiant ! J’ose même courir droit en bas, c’est rigolo, mais l’altitude remet vite à l’ordre. Les odeurs de soufre reportent le pique-nique à plus tard, nous rejoignons alors le chemin de montée. Le vent de l’après-midi s’est installé et cette fois nous l’avons de face… la magie s’envole quelque peu. De retour au refuge, nous admirons notre sommet au coucher du soleil et après le revigorant repas du soir sombrons dans le sommeil du juste.

28 octobre, J8, Geysers Sol de Mañana, Laguna Colorada : Un dernier regard sur l’Uturuncu et nous voilà repartis pour de nouvelles aventures (excuse moi Laurence, je te pique ta formule pour le récit…). Aujourd’hui beaucoup de route, de pistes plutôt car il n’y a pas l’ombre d’un coin de goudron, mais que de merveilles auprès desquelles nous nous arrêtons pour effectuer quelques pas :

Les geysers Sol de Mañana - soleil du matin - sont librement accessibles et Edgard nous montre la limite à ne pas franchir au bord de ces puits de boues en ébullition. Un faux pas serait fatal ! Il y en a pour tous les goûts : des ronds, des biscornus, plusieurs en enfilade, des minuscules et j’en passe. L’un de ces puits est rempli d’une masse rougeâtre et les autres présentent toutes les nuances de gris… je ne les ai pas comptées… presque chaque puit est ourlé de jaune, et avec l’odeur il n’y a pas d’hésitation possible sur l’origine de cette couleur.

Laguna Colorada : en la voyant, il n’y a pas de doutes, ce ne peut être qu’elle ! Et nous constatons de nos propres yeux que la photo du site de la Balaguère n’a pas été retouchée. J’ai déjà épuisé les superlatifs mais tant pis, c’est somptueux et c’est la stricte vérité. Nous restons de longues minutes à admirer les flamants roses qui plongent leur bec à tour de rôle dans l’eau colorée, dans un ballet fluide et harmonieux.
A noter qu’en cas d’absence de soleil, la lagune ne montrera plus sa couleur rouge-sang.

Ballet de flamants roses Laguna Colorada
Nous sommes à 4330 mètres et le froid pénètre dans le refuge. La soupe nous réchauffe un petit moment. Cette nuit-là nous utilisons nos sacs de couchage en duvet en plus des couvertures, et rajoutons un bonnet.

29 octobre, J9, transfert Laguna Colorada - San Juan : nous admirons une dernière fois la lagune, sous un autre angle, avant de rouler en direction du désert de Siloli et son volcan Silala. Quelques photos à l’arbre de pierre, qui est un peu à l’écart d’autres formations rocheuses étonnantes et donc plus facile à cadrer dans cette immensité. Nous traversons ensuite un canyon où Freddy nous épate encore avec son « toucher de piste ». En plus de repérer la bonne trajectoire, il nous montre les vizcachas camouflées, qui s’approchent au pied de la jeep attirées par quelques biscuits.

vizcachas Renard
Nous suivons ensuite « la route des joyaux » le long de laquelle se trouvent plusieurs lagunes et toujours les flamants roses. A défaut de voir le puma dont on nous parle depuis un moment, c’est maître Renard qui passe nous voir et quémander son fromage.
Très joli hôtel « de sel » à San Juan avec douche chaude bienvenue. Le bas des murs est effectivement construit avec des briques de sel.

30 octobre, J10, Salar de Uyuni, île Incahuasi (= la maison de l’inca) : une mer blanche plus éblouissante que la neige, c’est superbe, et cette île recouverte de cactus géants en fleurs est une splendeur. Nous grimpons au point culminant et pourrions presque nous croire à la poupe du Titanic. Au loin la pyramide du volcan Tunupa nous donne un point de repère, mais gare aux mirages…

Salar d'Uyuni Incahuasi

31 octobre, J11, Volcan Tunupa : grâce à sa conduite experte, Freddy nous fait gagner une bonne portion de montée peu gratifiante sur une piste caillouteuse. Et c’est parti pour une très jolie randonnée au Mirador du volcan Tunupa. Au fur et à mesure de la montée, le salar de Uyuni dévoile son immensité. Aller plus haut que le Mirador, qui culmine tout de même à 4700 mètres, serait ardu, beaucoup plus technique et plus long.
En début de soirée, nous allons sur le salar pour le coucher du soleil. Il fait nettement plus frais mais quel spectacle. Edgar et Freddy nous ont réservé une surprise gustative pour agrémenter ce beau moment.

1er novembre, J12, Jirira-Colchane, retour au Chili : nous avons passé deux nuits dans le très agréable refuge de Doña Lupa au village Jirira. Nous y avons été accueillis avec chaleur et sommes maintenant émus de ses adieux. Mais il faut reprendre la route. Premier arrêt au marché de Salinas de Garci Mendoza. Les premiers stands terminent leur installation, un petit tour et puis s’en vont pour le site archéologique d’Alcaya. Mais il est fermé et désert car c’est la Toussaint ! Un autre petit tour et puis s’en vont rejoindre le salar de Coipasa. Les adieux de la fin de journée avec notre équipage bolivien se rapprochent indéniablement et donnent un coup de mélancolie. En même temps le ciel n’est plus si bleu, des voiles nuageux sont arrivés dans la journée, le salar de Coipasa n’a pas la luminosité de celui de Uyuni. Tout à coup apparait une voiture en piteux état et trois hommes aux allures douteuses… enfin c’est surtout Edgar qui flaire des contrebandiers de voitures chiliennes. Après palabres, nous passons notre route sans apporter « l’aide » demandée, cela pourrait s’avérer dangereux d’entrer dans leurs combines. Un dernier déjeuner-pique-nique, toujours magistralement organisé par Edgar et Freddy, sur une île peu avant la « terre ferme » nous revigore avant le passage de la frontière à Pisiga. 

Il fallait bien ça car cette petite localité est envahie par la circulation, balayée par le vent et la poussière. Après tant de somptueux paysages c’est quelque peu déprimant. Edgar va retourner chez lui à la Paz, il y sera dans environ 14 heures. Freddy va rouler jusqu’à Uyuni pendant au moins 5 heures. Le no-man ’s-land entre les deux pays se parcourt à pied, Edgar nous accompagne encore pour nous remettre aux bons soins de notre 4ème guide Jean-Charles, dit Charly, et de son chauffeur. Le village-frontière côté chilien porte le nom de Colchane. Il est moins encombré de camions, moins poussiéreux. Ce soir nous n’irons pas plus loin, les formalités prennent un peu de temps, il va bientôt faire nuit, la localité la plus proche est trop éloignée. C’est donc une étape obligatoire avec un seul hôtel et dont nous devons nous accommoder. L’accueil, l’ambiance sont froids, la température à l’intérieur également et hélas la douche aussi ! L’eau tiédit enfin après plusieurs litres perdus. Heureusement notre nouveau guide nous divertit et nous instruit durant le repas du soir, mais nous pensons encore à Doña Lupa.

2 novembre, J13, Salar de Surire-Putre : Le haut fait de cette journée est sans nul doute la baignade aux thermes de Pollequere situées en bordure du salar de Surire (=ñandu ou émeu en aymara) à 4200 m. En pleine nature et sans infrastructure hormis les 3 pans d’un mur protégeant une table et des bancs de pierre, ainsi qu’une poubelle. Le minibus sert de cabine et de vestiaire. Quel régal de se glisser dans l’eau chaude. Légèrement soufrée, elle a un effet thérapeutique sur les rhumatismes, l’arthrose et beaucoup d’autres maladies. Nous nous tenons à genoux, ou assis, voire couchés, car cette piscine naturelle n’est pas profonde, du moins dans la zone « fréquentable ». A la source, au bout du petit lac, l’eau est à 66° ! Mais la faim commence à se faire sentir, le temps de se sécher, en bonne partie grâce au vent, et notre guide a servi le repas sur la grande table de pierre. Avec le vent, il faut tout arrimer ou avoir assiettes et gobelets remplis… 

Pollequere

La faune nous présente une espèce de plus : les alpagas. Le ciel est toujours barbouillé de voiles blancs, au détour d’un virage je découvre LE volcan, celui qui a en bonne partie fait pencher la balance en faveur de ce voyage : le Parinacota. Il en jette, mais il faut reconnaître que sur les photos vues à la maison il était plus beau.

Après les présumés bandits d’hier, nous n’allons cette fois pas refuser notre aide à deux dames impliquées dans un accident sur la piste. Leur voiture s’est retournée après avoir mordu le talus et l’une d’elle souffre de douleurs au thorax. Notre chauffeur roule plus rapidement, adieu les arrêts-photos pour Le Parinacota et le Pomerape avec un ciel qui s’est bien dégagé entretemps. La route pour Putre, où se trouve un dispensaire, est encore longue. Notre blessée sèche ses larmes. Ici pas de secours par hélicoptère. Nous apprendrons plus tard qu’elle ne souffre que d’ecchymoses.

Délicieux repas du soir dans le plus coté des deux restaurants de cette agréable bourgade située à 3500 m. Le coucher de soleil embrase le ciel.

3 novembre, J14, Parc National Lauca : Que de camions sur cette route qui relie le port d’Arica sur le Pacifique à la Bolivie ! Des travaux sont en cours à proximité du magnifique lac de Chungara, 4500 m. Nous mettons la route, devenue piste, sa poussière et ses camions dans notre dos pour admirer le paysage. Sous un ciel à nouveau passablement gris se dressent devant nous les majestueux volcans Parinacota à 6330 m. à 6240 m. ainsi que le dôme blanc du Sajama, plus haut sommet de la Bolivie, 6542 m. 

Nous partons pour une randonnée vers les lagunes Cotacotani, au pied du Parinacota. Un gros troupeau de vigognes, une flopée de vizcachas, un vol de flamants roses, un sympathique pique-nique nous font oublier les colonnes de camions. Mais la route et son cordon de couleurs va devenir finalement un point de repère salvateur car Charly ne connait pas le chemin et nous nous perdons dans le labyrinthe des creux et bosses issus des irruptions du volcan il y a fort longtemps… Charly nous avait fait la démonstration de son téléphone satellitaire pendant le pique-nique, il déplie à nouveau l’antenne et appelle notre chauffeur qui nous attend désespérément au village de Parinacota, but convenu de cette randonnée.

Finalement nous nous rendons au village en véhicule puis allons faire un petit tour vers un magnifique haut plateau, plus calme, herbeux et peuplé de lamas et alpagas où nous aurions pu effectuer une deuxième randonnée. Bien que sous un autre angle, la vue sur les volcans jumeaux est toujours aussi belle. De retour à Putre, nous prenons nos dispositions pour admirer l’entier du coucher du soleil qui est à nouveau un festival de couleurs.

Pomerape et Parinacota Coucher de soleil à Putre

4 novembre, J15, Putre-Arica : Le ciel est à nouveau bleu… mais aujourd’hui nous quittons définitivement l’altitude. Par palier avec tout d’abord une randonnée qui est sensée se trouver sur une portion du Chemin de l’Inca. En fait nous longeons essentiellement un lit de rivière asséché. Pourvu qu’il ne finisse pas en cascade.... S’ensuit une halte au joli village agricole de Socoroma, 3000m. Nous poursuivons notre descente alors que les camions peinent dans l’autre sens. Entre environ 2500 et 1700 mètres d’altitude se dressent des cactus candélabres. Etonnant. Nous rejoignons la zone désertique. Et tout à coup, au fond de la vallée de Lluta un ruban vert s’étire entre des dunes dorées. Le rio du même nom la traverse, permettant ainsi diverses cultures, notamment le maïs. Chevaux et les vaches ont remplacé lamas et alpaga. Nous prenons un très bon repas de midi à Poconchile, à 550 m. Et nous voici arrivés à Arica, l’endroit habité le plus aride au monde. Un tour au Morro pour voir la ville dans son ensemble, le port et l’horizon. Trempette jusqu’aux mollets dans le Pacifique à 18°. Notre charmante pension nous permet d’apprécier à sa juste valeur une bonne douche chaude.

5 novembre, J16, Valparaiso : Par le bord de mer, crochet organisé par Charly qui tient à nous montrer tous les atouts de sa ville, nous atteignons l’aéroport d’Arica, tout proche de la frontière péruvienne. Vol sans soucis pour Santiago, où notre cinquième et dernier équipage guide-chauffeur nous conduit directement à Valparaiso. Notre jeune guide Pablo nous récite l’historique avec un charmant accent. Son discours a plutôt pour effet de nous bercer… Sur place nous sommes bien réveillés et nous ouvrons grands les yeux : Arica nous avait donné l’impression d’aridité et de sécheresse. Ici, bien qu’il ne pleuve guère plus, tout est fleuri, gai et coloré. Le charme de la ville nous envoûte petit à petit, au fil des ruelles, des escaliers, des funiculaires et des magnifiques fresques que Pablo nous fait découvrir. Les propriétaires des maisons prêtent leurs murs aux artistes. Nous terminons notre promenade au port, presque ivres de toutes ces couleurs.

Valparaiso  Valparaiso

Retour à Santiago pour notre dernière nuit au Chili. Michel et moi avons droit à une superbe chambre spacieuse et de la place pour vider le gros sac de voyage et le refaire correctement en vue du retour.

6 novembre, J17, vol retour : A croire que quelque chose a été oublié : il n’y a cette fois pas besoin de s’asseoir sur le sac pour le fermer, alors que ce fut le cas tous les matins ! Dans le mien, je peux même ajouter une bonne partie des souvenirs gustatifs que nous sommes allés glaner au supermarché du coin, seul magasin ouvert dans le quartier de notre hôtel ce lundi matin. Le voyage retour est long, le sommeil nous fuit, mais nous avons quelques jours devant nous pour nous reposer et reprendre le cours de nos vies. 

Pour vous, La Balaguère, c'est...

C’était notre premier voyage avec La Balaguère et nous avons beaucoup apprécié toute l’organisation, les marches en ayant uniquement à porter nos affaires du jour, les repas et pique-niques copieux. La Balaguère, c’est donc le moyen de marcher vers des coins magnifiques et bien choisis sans soucis.

Et votre prochain voyage ?

Ces prochains mois, ce sera des randonnées à skis par chez nous, au gré des chutes de neige et des moments libres. Au sortir de l’hiver, nous espérons à nouveau chausser basquets et chaussures de marche ou enfourcher nos vélos pour arpenter nos sentiers. En juin, nous prévoyons une semaine sur le petit bijou qu’est l’île grecque de Karpathos. Entretemps, nous pourrions être très tentés de réserver le voyage de La Balaguère en Patagonie pour l’automne 2018 !

Tous nos treks au Chili et en Bolivie
Comment est choisi le voyageur du mois

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