Népal 1 an après : rencontre avec Jean-Michel Aïo, bénévole pour l'association Samdo Avenir

17 juin 2016

1 an après le séisme qui à ravagé le Népal, Jean-Michel Aïo, agent EDF fraîchement retraité, est parti passer un peu plus de 2 mois au Népal dans la région Tamang en tant que bénévole au sein de l'association Samdo Avenir afin d'aider à la reconstruction des habitations de deux villages de montagne, Khanigaon et Magarsalu…

Jean Michel, explique-nous pourquoi tu as voulu partir au Népal et aider à la reconstruction?

Étant parti en trek au Népal à 2 reprises avec La Balaguère, une première fois en 2010 pour faire "Le tour des Annapurnas" et une autre fois en 2014 pour faire "le tour du Manaslu", j'avais déjà eu l'occasion de voir certaines micro centrales électriques dans des petits villages de montagne qui ne fonctionnaient pas. Cela m'avait interpellé en tant qu'agent EDF car d'un point de vue  purement matériel et technique c'était à chaque fois "pas grand chose" et la défaillance était principalement due à l'entretien général loin d'être optimal…

J'avais déjà songé à l'époque à  retourner au Népal lorsque j'aurai plus de temps pour la réparation et la formation à l'entretien de ces micro centrales.

Il se trouve que 15 jours après avoir pris ma retraite, ce terrible séisme a eu lieu, je me suis donc proposé pour aider.

 

 

Pourquoi avec l'association Samdo Avenir?

Je connaissais Catherine Joriot (présidente de l'association Samdo Avenir) depuis 2010, on avait sympathisé  après mon 1er trek au Népal et puis je l'avais revue en 2014 lors de mon second trek, alors quand Catherine a contacté La Balaguère à la recherche de bénévoles pour se rendre sur place, je n'ai pas hésité.

 

Ton sentiment à ton arrivée sur place ?

Je m'attendais à voir Katmandou effondrée mais dans les faubourgs de la ville les bâtiments ont généralement bien résisté, sauf dans le vieux Katmandou où les vieilles maisons en briques sont en piteux état, fissurées, prêtes a s'effondrer à tout moment mais des gens vivent encore dedans.

Les villages ont particulièrement souffert,  les maisons traditionnelles faites de pierres et de terre battue construites sur deux étages (rez-de-chaussée pour les animaux, 1er étage pour les familles et 2ème étage pour les récoltes) sont soit totalement effondrées soit très abîmées. La plupart des habitants vivent encore sous des tôles et autres abris de fortune en attendant que le gouvernement débloque l'argent pour la reconstruction.

L'association Samdo Avenir, grâce à sa présence sur place, a pu directement et dès les premiers jours qui ont suivi le séisme, gérer et coordonner l'aide à la reconstruction grâce aux très nombreux dons récoltés en France.

 

 

Concrètement quelle a été ta mission pendant ces deux mois ?

Je suis arrivé pour prendre la relève de deux collègues bénévoles , Michel et Françoise, qui avaient passé 3 mois sur place dans les villages de Khanigaon et Magarsalu. Aidé de mon indispensable interprète Danzee, mon rôle a consisté à suivre et coordonner l'avancée des différents chantiers, à répartir et attribuer les aides et le matériel  selon les besoins, à contrôler que les préconisations des experts en génie civil venus au préalable étaient bien respectées et à conseiller techniquement dans la réalisation des travaux.

Au total dans les 2 villages, 40 maisons ont été entièrement reconstruites avec des poutres et armatures en béton armé afin de les consolider et 38 maisons ont été réparées.

La construction d'une maison moyenne (40m2) revient à environ 3500 €, pas grand chose à notre échelle mais un budget considérable pour les Népalais.

 

 

Ton état d'esprit en quittant le Népal ?

J'avais à cœur que les travaux soient quasi-terminés. J'ai donc prolongé un peu mon séjour initial, et même une fois de retour en France, j'ai continué par email à assurer un peu le suivi des derniers chantiers. Michel et Françoise sont revenus à leur tour pour boucler la fin des travaux.

Il y a encore un travail colossal à faire et les aides ne sont toujours pas débloquées par le gouvernement népalais. Je pense retourner au Népal, revoir mes nouveaux  amis et peut être travailler sur un nouveau chantier essentiel, l'amélioration du réseau qui amène l'eau dans un village... J’ai commencé d'ailleurs à plancher dessus pour budgétiser les travaux. Les habitants ont approuvé ce projet car ils ont bien conscience que leur santé est éprouvée par la mauvaise qualité de l'eau qu'ils consomment chaque jour.

 

Tu penses donc repartir bientôt ?

Bien sûr, ils m'attendent…  Ils m'ont encore une fois énormément touché car malgré toutes les épreuves qu'ils ont dû traverser et la rudesse de leurs conditions de vie, ils sont toujours aussi accueillants et généreux !

J'ai vécu à leur côté une expérience humaine inoubliable pendant ces deux mois.

 

 

Retrouvez tous les comptes rendus des reconstructions et du travail des bénévoles sur le site de l'association Samdo Avenir

 

Le mot de Catherine Joriot, présidente de l'association Samdo Avenir :

 

Les travaux sont terminés. Les habitants ont pu se mettre aux travaux des champs et ne passeront pas une nouvelle mousson sous des abris.

Le solde de vos  dons servira à partir d'Avril 2017 à parrainer des jeunes de Magarsalu pour leur permettre de poursuivre leurs études à Kathmandu.

L’année a été difficile, espoirs, découragements,  inertie administrative, mais  nos objectifs sont atteints grâce à votre générosité, à l’action des adhérents de Samdo Avenir et de ceux qui sont venus, dans un bénévolat total, mettre au point et surveiller les reconstructions pendant plusieurs mois.

Au nom des habitants que nous avons abrités, dont nous avons consolidé ou reconstruit les maisons, au nom de tout le personnel de Glacier Safari Treks je vous remercie. Grâce à votre aide nous avons pu être à la hauteur du défi.

Le Népal se relève de ses blessures. Les touristes reviennent.

De nombreuses régions comme les Annapurna, le Mustang, l'Ouest et l'Est n'ont pas du tout été touchées  par les séismes.
Dans d'autres régions de trek comme le tour du Manaslu et la vallée de la Tsum, les villageois aidés par le personnel des Parcs Nationaux ont reconstruits et consolidés les sentiers qui sont maintenant plus larges et mieux sécurisés  qu'auparavant.

Dans la région de l'Everest seuls quelques maisons avaient été endommagées. La plupart ont été reconstruites par les habitants.

Dans le  malheureux Langtang le sentier est reconstruit mais le trek ne peut se faire qu'en tentes : les lodges ne sont pas encore reconstruites.

Dans  l'Helambu et le Solu les sentiers n'ont pas été endommagés mais des villages ont été très touchés.

L’étonnement des trekkers de l’automne 2015 et du printemps 2016 a été de voir la faiblesse des  dégâts à Kathmandu et leur absence  sur les treks qu'ils ont parcourus.

Il faut maintenant redonner au Népal sa principale activité, le trekking.

Merci à vous tous qui aidez à faire passer un message positif sur le Népal.

Amicalement,

Catherine

 

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