La Via de la Plata : Séville, Zamora, Santiago...

Philippe est accompagnateur spécialiste des chemins de Compostelle et accompagne régulièrement des groupes de La Balaguère. 

Bonjour Philippe ! Je ne savais pas qu’il existait un itinéraire de Saint Jacques s’appelant "Via de la Plata". Peux-tu nous en parler ? 

Contrairement à tous les autres chemins de Compostelle, il ne part pas de France, ne longe pas les Cantabriques par le sud ou par le nord. 
C’est un chemin qui traverse entièrement l’Espagne du Sud au Nord. 
Peu de pèlerins. On ne passe pas ses journées à répéter Buen Camino toutes les 5 minutes.  
"Via de la Plata" veut dire route de l’argent. Tout le commerce des métaux précieux passait par elle. Elle est très vieille. Pline l’Ancien en parlait déjà. L’itinéraire longe le Portugal en suivant le tracé originel d’une ancienne voie romaine. 
La Balaguère se posant en spécialiste de Saint Jacques de Compostelle, ne pouvait pas faire moins que proposer ce magnifique itinéraire. 

Quelle est la formule de cette randonnée ?

C’est la formule « Pied bus » de la Balaguère. Randos, visites et raccords inintéressants en bus. 
La Via la Plata faisant 1000 kms, fatalement, on ne peut pas tout faire à pied. 
Ayant le bus Balaguère à disposition, je m’adapte en permanence aux envies du groupe et aux conditions du moment. C’est le secret de la souplesse. 

Comment sont les paysages ? 

Peu de vraies montagnes, beaucoup de plaines, mais néanmoins des paysages de toute beauté.
Beaucoup de contrastes selon les régions traversées.  
Au début, l’Andalousie grillée de soleil, avec ses villages trapus aux rues étroites, des orangeraies. 
Puis vient l’Estremadura. Il faut imaginer de vastes plaines parcourues par les taureaux de combat. Impressionnant de voir ces grosses bébêtes en liberté.

Via de la Plata

La sierra de Aracena est revêtue d’une forêt claire de chênes verts. Les glands nourrissent de gros cochons noirs. Leur destinée est de finir en « patanegra » dans l’assiette.  
Plus au Nord, on traverse la vallée du Tage avant d’arriver aux grandes cultures de Castille puis dans la verdoyante Galice. C’est un paysage de bocage qui change du tout au tout avec ce qui précède. 

Quel est l’esprit de ce chemin ? 

C'est tout le côté culturel. Vraiment le must. Le sentiment unanimement partagé est de se sentir « happé » par l’histoire. 
Il y a tellement de visites, qu’il faut parfois les écourter ou faire des choix !
Tout le long de la Via de la Plata, il y a une ribambelle de villes plus fantastiques les unes que les autres : Séville, Zafra, Merida, Caceres, Salamanque, Zamora et bien sûr Santiago. 

Séville, place d'Espagne

Un de mes meilleurs souvenirs est l’arrivée à Mérida par l’ancien pont romain. Il fait 1 Km de long. 
Du flamenco sévillan, on passe à l’ambiance estudiantine de Salamanque. Et partout la vie à l’espagnole. Calme le jour, festive et effrénée le soir. 

À part la culture, y a-il d’autres points forts ? 

Le premier et non des moindres, est qu’on rencontre peu de monde sur cet itinéraire. 
Puis tout le reste. Côté hébergement c'est super. On loge dans des auberges familiales ou des petits hôtels. L’accueil est toujours chaleureux.
Pareil pour la gastronomie. C’est varié et surprenant. Souvent, il n’y a pas de carte. On se laisse guider par nos hôtes. Un soir, on a goûté à une marinade de queue de taureau. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas la corrida, c’est quand même bon.
De temps en temps, on s’offre une assiette de jambon « patanegra ». Succulent accompagné d’un vin de Rioja. 
S’il fallait trouver un point faible, le climat pourrait en être un. C’est chaud (très chaud même parfois dans le Sud) et beaucoup plus tempéré ensuite. On ouvre les vitres en grand, et roulez jeunesse. On comprend du coup la vie à l’espagnole. La journée, personne dans les rues. Nada. Le soir, il fait frais. Tout le monde sort pour le paséo. Les bars sont pleins et les gélatérias (boutiques de glaces) prises d’assaut. 

Comment se passe une journée ? 

Elle commence classiquement par le « petit dej », le plus souvent vers 8h / 8h30.
Rarement plus tôt pour deux raisons : 
Premièrement parce qu’on est en vacances et personne n’a envie de se presser. 
Et puis les Espagnols ne sont pas des violents du petit matin. 

Quoi qu’il en soit, une fois parti, on rejoint en minibus le point de départ de la rando. Au passage, visite de monuments ou autres.
Les randos sont toujours faciles, entre une et deux chaussures. Peu de dénivelée voire zéro. 
Vers midi, recherche d’un endroit pour le pique-nique. Parfois on se cale dans un bar tapas. 
Après un peu de repos, continuation à pied ou en minibus. 

Arrivé à l’étape, le groupe va faire un tour dans le village (ou au bar), s’installe et se douche. Pendant ce temps, je vais récupérer le minibus en taxi. On se retrouve pour l’apéro. Repas à l’espagnole. On refait le monde et ceci fait on va se coucher. 

Et le retour ? 

Les gens ont le choix. Ou en avion ou avec moi en minibus
Dans ce dernier cas, il faut 2 jours avec une étape aux alentours de Burgos. 

Accompagnateur Pyrénées

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