De Gavarnie à Ordesa' est une valeur sûre de La Balaguère, qui organise cette randonnée depuis quasiment le début. Je l’ai personnellement encadrée plusieurs années et les gens sont toujours rentrés satisfaits.

Les amoureux de paysages grandioses ne peuvent rêver mieux. Les sites de Gavarnie et Ordesa se touchent au niveau de la frontière, mais aucune route ne permet de passer de l’un à l’autre. C’est à pied qu’il faut le faire. Deux passages seulement existent dans les Pyrénées : la brèche de Roland et le col de Boucharo. Il y a aussi la Bernatoire, mais il est très peu pratiqué.

La célébrité de Gavarnie n’est plus à faire.

Le cirque traîne dans tous les livres d’école dans le chapitre géographie.

On ne peut parler de Gavarnie sans évoquer Victor Hugo. Il en était tombé fou amoureux. Sans vouloir citer tout ce qu’il a écrit, j’ai retenu cette phrase “Vous avez visité peut-être les Alpes, les Andes, les Cordillères, vous avez depuis quelques semaines les Pyrénées sous les yeux ; quoi que vous ayez pu voir, ce que vous apercevrez maintenant ne ressemble à rien de ce que vous avez rencontré ailleurs ».

S’ensuit une longue prose où les superlatifs courent sous sa plume avec sincérité.

Ordesa n’a pas eu la chance de voir passer Victor Hugo sous ses fenêtres. Mais un autre Français, Lucien Briet, a beaucoup fait pour lui. Son nom ne dira rien à personne mais en Aragon c’est une vraie star. Il a contribué à faire d’Ordesa un parc national. Le premier des Pyrénées en 1918 par décret royal d’Alphonse XIII.

Les deux sites de Gavarnie et Ordesa Mont Perdu sont inscrits ensemble au patrimoine mondial de l’UNESCO.

C’est une distinction bien méritée, mais qui à mon avis ne rapporte pas grand-chose quand on voit comment d’autres ont su faire mousser la com.

La rando commence au cirque de Troumouse. Peu connu, il souffre de la notoriété de Gavarnie son auguste voisin.

Il faut s’imaginer un vaste plateau entouré d’une chaîne de montagne circulaire.

Le lendemain, on se rend à Gavarnie et remontant la vallée d’Estaubé. L’étape est sympa, en plus il y a des marmottes partout.

Ensuite, il s’agit de passer en Espagne par la célébrissime Brèche de Roland.

C’est l’étape clé. Il faut deux jours en marquant un stop au refuge des Sarradets.

Pour y monter, nous prendrons le chemin des écoliers. Premier objectif, rejoindre le fond du cirque en évitant la foule des vacanciers en tongs et fleurant l’huile solaire. Quelques chemins méconnus permettent de le faire. Ensuite, il faut sortir du cirque. Vu de loin, cela semble impossible. Pourtant, un chemin existe, mais il est invisible d’en bas.

Le point fort du refuge est le coucher de soleil sur le haut du cirque. C’est extraordinaire. Le lendemain départ tôt pour passer la brèche de Roland aux premières heures de la matinée et profiter de l’étape vers Goritz qui est assez cool. De l’autre côté, le paysage change radicalement. En apparence du moins. Aux verticales perspectives du cirque succèdent des plateaux désertiques. Rien de tel qu’un peu de platitude pour se refaire une santé malmenée par l’effort de la veille.

À mesure de notre avancée sur le refuge de Goriz des bouts de canyons commencent à apparaître à droite du sentier. L’ambiance à Goriz n’a rien comparable avec l’atmosphère feutrée des Sarradets. Ici, on en est en Espagne. Le montañero castillan s’exprime à voix haute.

La descente vers Torla est un régal pour les yeux. Le sentier emprunte un système de vires que l’on appelle ici « fajas ».

La vue sur le canyon d’Arazas dépasse l’entendement.

Sous les pieds, la vallée d’Ordesa qui semble s’enfoncer à mesure qu’on avance.

De l’autre côté des falaises d’une hauteur démentielle. On dit que c’est le Colorado pyrénéen. Ce n’est pas usurpé ! Torla est le pendant de Gavarnie. Le village est joliment restauré dans le plus pur style aragonais. Rien à voir avec l’autre côté, le dépaysement est total. Le style de vie aussi est différent. Le soir, les gens sont dehors. En général, on va se faire un apéro tapas.

On rentre en France par le col de Boucharo. C’était autrefois un chemin utilisé par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. Il existait un hôpital des deux côtés. Versant espagnol, celui de San Nicolas de Bujaruelo est encore debout. Il y a une magnifique cheminée aragonaise. C’est à voir.

Retour à Gavarnie pour la dernière soirée et la boucle est bouclée.


Toutes les randonnées de La Balaguère à Ordesa

Voir le circuit De Gavarnie à Ordesa

Un article de Gérard Caubet

Accompagnateur en montagne et écrivain pyrénéiste

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