Le Toubkal et les villages de l'Atlas

Mohamed, tu es accompagnateur au Maroc... Peux-tu nous parler de toi ?

Je m’appelle Mohamed, ce qui n’est pas très original au Maroc. Je suis né dans une famille d’agriculteurs et j’ai grandi à Imlil au pied du Toubkal, c’est donc tout naturellement que je suis devenu guide de haute montagne.
Le Toubkal je connais, tout jeune j’essayais de vendre mes services aux touristes, c’est comme ça que j’ai connu Gérard Caubet et Vincent Fonvieille. Un jour Gérard est arrivé à Imlil dans son camion jaune, je m'en souviens très bien, il cherchait un guide pour aller dans le Sud puis il m’a présenté Vincent et on est toujours restés amis. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler avec La Balaguère.

Après mon diplôme de guide, j’ai monté mon agence et construit un Riad à Imlil. Tout ça grâce à la Balaguère !

Quel est ton trek préféré au Maroc ?

J’aime beaucoup le Toukal en 15 jours en partant du Zat, d’abord parce que c’est chez moi et parce que c’est un bon aperçu du trekking dans l’Atlas.

Le séjour commence par une belle randonnée de mise en jambe. Beaucoup de gens ne viennent dans l’Atlas que pour le Toubkal et c’est dommage (nb pour ceux qui veulent se concentrer sur ce secteur, on propose une très belle randonnée avec ascension du Toubkal).

On randonne avec des mules qui portent les bagages... On passe de vallées en vallées, de villages en villages, l’accueil est toujours super. Bien que certains cols frisent les 3000 m, ils sont faciles, les sentiers sont bons et même les mules passent.

L’acclimatation à l’altitude se fait en douceur, le trek part de la vallée du Zat. Le coin n’est pas très connu, c'est ici que la Balaguère a investi dans des actions de développement il y a quelques années. Après le Zat, on monte au Yagour, il faut imaginer un plateau à 2700m d’altitude avec plein de gravures rupestres datant du deuxième millénaire avant JC. Du Yagour, on passe dans la vallée de l’Ourika puis l’Oukaïmen, qui est une station de ski qui date des Français. C’est là que j’ai appris à skier pour passer mon diplôme de guide. On y retrouve aussi des gravures. Enfin on arrive au pied du Toubkal, on sent que chez les clients l’inquiétude monte ! Certains sont comme des cocottes minutes, pas besoin qu’ils parlent pour deviner leurs pensées "est-ce que je vais y arriver" !

Parle-nous du Toubkal ?

Comme tout le monde le sait, le Djebel Toubkal est le point culminant du Haut Atlas et donc de l'Afrique du Nord. Quatre mille cent soixante deux mètres, ce n’est pas rien. C'est un sommet mythique qui attire les montagnards du monde entier. Chez moi, en langue berbère, on l’appelle Adrar N' Dern, ce qui veut dire montagne des montagnes. Adrar signifie « mont », le N signifiant « de ». Pendant longtemps le Djebel Ayachi, du côté de Midelt, passait pour le sommet le plus élevé du Haut Atlas, pourtant, il ne fait que 3 747 m, même pas 4000 ! De fait, le Toubkal ne fut gravi officiellement pour la première fois que le 12 juin 1923 par le marquis de Segonzac, un militaire Français accompagné de ses amis Vincent Berger et Hubert Dolbeau. Au sommet, ils trouvèrent des cairns attestant d’ascensions plus anciennes, certainement par les Berbères des environs.

L’ascension n’est-elle pas trop dure ?

Non. Elle se fait en fin de séjour, les gens sont acclimatés à l’altitude et à l’ambiance. Très important l’ambiance ! On passe la nuit précédente au refuge Neltner, Louis Léon Charles de ses prénoms (encore un français), c’était un géologue major de votre célèbre école polytechnique. Il est mort l’année même où la Balaguère faisait son premier voyage au Maroc.

Le matin, on part tôt, surtout pour profiter de la vue, car après il peut y avoir des brumes de chaleur qui masquent le fond des vallées. La montée se fait doucement pour pallier au manque d’oxygène, à partir de 4000, on commence à le chercher, mais pas de problèmes « makel mouchkil », comme on dit ici ! Tout le monde y arrive ! Ensuite, retour au refuge où on retrouve les mules et descente à Imlil dans la foulée.

Quand on voit le Toubkal depuis Marrakech, en sirotant un jus d’orange sur la place Jemaa el-Fna, je regarde discrètement les gens. Ils ont l’œil rivé dessus. On sent qu’ils se disent « Et dire que moi je suis monté là-haut ! ».

Pour moi, c’est la meilleure des récompenses. 

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