Bonjour Raymond ! Tu reviens de notre randonnée sur le Camino Francès, 'De Sarria à Santiago' : peux-tu te présenter ?

D’origine Libanaise, je m’appelle Raymond, j’ai 66 ans, je travaille toujours comme cadre supérieur dans le secteur de l’imprimerie (Sécurité des documents, emballages, etc..). Marié depuis 38 ans, j’ai 3 enfants et 3 petits-enfants. Scout ainé, amateur de randonnées, seule activité que j’exerce depuis longtemps avec mes amis, je vois dans la nature l’œuvre de Dieu.
Partir du Liban pour marcher la dernière section du chemin français de Compostelle, c’était le rêve qui m’accompagnait depuis plus d’une quinzaine d’années.

Pourquoi as-tu choisi cette randonnée ? A qui la conseillerais-tu ?

Le Chemin m’appelait et voilà que la décision a été prise suite à l’encouragement de ma chère famille. Après maintes recherches et lectures j’ai choisi le trajet proposé par La Balaguère de découvrir les dernières étapes du Camino Francès à partir de Sarria, au terme desquelles j’aurai droit à la Compostela, certificat des pèlerins. Je recommande cette marche de cinq jours et d’un niveau de difficulté moyen, pour toute personne, jeune ou d’un certain âge, voulant savourer le charme des chemins de Compostelle.

Raconte-nous tes meilleurs moments et souvenirs de votre pèlerinage...

Le chemin, avant tout, c’est la compagnie. J’ai lancé l’appel auprès de quelques amis, l’enthousiasme a conquis Sami et son épouse Gina vivant au Canada, Youssef et Fadi du Liban, de vieux amis du temps de l’enfance, qui ont répondu à mon appel. Je n’espérais pas mieux d’avoir de vrais frères comme compagnons de route.
Dès les premiers kilomètres je réalisais que ce chemin mythique m’obligeait à avancer en accordant la cadence de mes pas avec le rythme de la nature et le défilement des paysages merveilleux, les ruelles des villages et les chemins creux passant dans les forêts majestueuses de cette région de l’Espagne riche en héritage celte. La découpe du trajet était bien pensée par l’équipe de La Balaguère ainsi que le choix des hébergements. Les gens locaux sont accueillants et chaleureux, corrects et bienveillants.

Que de rencontres sur ce vieux chemin, des pèlerins de toutes nationalités portant chacun le sourire sur le visage et personne ne sait ce qu’ils cachaient ni dans le cœur ni dans le corps, mais ils avançaient, comme si le monde entier progresse sur le « camino ». Pour nous, laissant le drapeau libanais flotter sur nos sacs à dos, nous avons marqué notre fierté d’être fils du Liban et c’était une raison d’introduction pour des conversations avec les autres pèlerins qui nous demandaient à propos de ce drapeau et voulant savoir plus sur notre pays. En plus, c’était une occasion de rencontrer des libanais émigrants de deuxième ou de troisième générations, venant de l’Argentine, d’Australie et du Venezuela et même un Egyptien venant du Canada.
Parmi les moments forts de notre randonnée, la rencontre de temps à autre avec un groupe de jeunes handicapés, assistés par des moniteurs, faisant des segments accessibles, dont quelques-uns évoluant sur des chaises roulantes, avec décision et enthousiasme jusqu’à utiliser des bâtons de marche pour faire avancer leurs chaises. Quel exemple de courage et de foi !
Et un couple américain, de 80 et 78 ans, s’épaulant sur le chemin, comme ils l’ont fait depuis toujours, souriant et fiers de continuer cette marche de vie montrant une jeunesse d’esprit exceptionnelle !

A chaque étape je m’élevais en pensée pour frôler le spirituel, jusqu’au point de m’enivrer et de ne plus sentir la douleur de mes ampoules ni la brûlure de mes muscles fatigués. Le seul remède c’était m’enfoncer dans la prière rien que pour offrir ma fatigue comme encens pour bénir toutes les intentions que j’avais portées dans le cœur et dans l’esprit.
Croyant ou pas, on ne peut qu’expérimenter la force de la prière, de la méditation ou toute autre exaltation pour se recueillir et surmonter la faiblesse du corps et continuer cette marche qui va au-delà du chemin pour se prolonger à l’intérieur de soi et qui reste comme une flamme aidant à illuminer ce chemin profond que chacun de nous tente de retrouver menant à une transformation de qualité.

Je sens que cette marche ne s’arrêtera jamais. Même arrivés à Compostelle, nous allons la continuer au fond de nous-mêmes et elle marquera pour toujours notre vie.
C’est la magie de ce chemin millénaire.

Pour toi, La Balaguère, c'est...

Etant l’initiateur de ce projet, mon premier souci était l’organisation. Me mettant à la recherche sur le net j’avais une panoplie énorme de choix. Après maintes comparaisons et consultations j’ai opté pour la proposition de La Balaguère et j’en suis très satisfait ainsi que mes compagnons de route. Ils nous ont fait vivre ce pèlerinage à la limite de l’aventure, avec liberté et confort bien respectés, surtout avec le service « transfert de bagages », sans toutefois perdre le charme de la découverte. La Balaguère pour moi c’est la compréhension, l’assistance, l’efficacité et la tranquillité d’esprit et un sentiment d’appartenance à la « Famille » La Balaguère que je ne peux expliquer mais que je porte au cœur.

Et ton prochain voyage ?

Pour le moment je me contente des randonnées sur les sentiers et les chemins du Liban, avec une grande envie de faire le « Pic du Carlit » (2921m) depuis le barrage des Bouillouses dans les Pyrénées Orientales que ma fille, doctorante à Poitiers, a fait et me recommande. Et qui sait, peut-être encore marcher quelques nouvelles étapes sur le Chemin Français de Compostelle.
Buen Camino !
Par Raymond Zind


Voir notre circuit De Sarria à Santiago ou De Sarria à Santiago à petits pas
Toutes nos randonnées sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle et sur le Camino Francès


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