Christian, voyageur de retour de Collioure - Cadaquès

Bonjour Christian ! Tu reviens tout juste de notre randonnée "Collioure - Cadaquès, entre mer et montagne", peux-tu te présenter ?

C’est amusant que vous me demandiez de me présenter. En effet, la plupart du temps, au cours de ces randonnées en groupe anonyme, chacun s’efforce de ne pas dire qui il est, pas envie de parler du quotidien, jusqu’au dernier jour, puisque là il est trop tard et que de toute façon on risque peu de se retrouver un jour sur les mêmes chemins.

Donc, comme beaucoup de randonneurs, je fais partie de la grande maison de l’école publique, parce qu'il faut être un peu fou comme un prof ou un instit pour préférer la rando à la plage, le sandwich au plateau de fruits de mer, la grimpette à la sieste.

Pourtant, il y a une paire d'années j'ai été renvoyé définitivement de l'école. Pas inactif pour autant, j'ai quelques activités communales qui me prennent une grande partie de mon temps libre, mais c'est un choix.

Comme c'est un choix de "marcher". Car la marche est des activités sportives celle qui fait le moins de mal, plus besoin de protège tibia ou de casque, celle aussi qui est la plus mixte. On marche donc souvent à deux.

Randonner, c'est aussi la meilleure façon de découvrir le vrai visage d'une région, c'est prendre son temps (encore que… ça filait entre Collioure et Cadaquès !), s’agencer soi-même son spectacle de couleurs et de lumières et, dans le cas présent, c’est suivre pas trop bêtement un personnage qu’on appelle « guide » et qui est censé nous amener là où on n’irait pas tout seul.

Pourquoi as-tu choisi ce voyage ? A qui le conseillerais-tu ?

Le plus souvent on farfouille sur le net à la recherche de ce genre d’activités, on trouve des propositions de promenade, on rêve devant les programmes et on finit par choisir.
La région de Collioure et l’objectif Dali nous ont convaincus, les « deux chaussures » nous ont fait un peu peur.

A qui je conseillerai ce voyage ? Je ne le conseillerai à personne, parce que chacun doit, dans le domaine de la randonnée, faire ses propres choix, les assumer… et ne pas avoir à reprocher à un tiers de l’avoir entraîné sur des chemins imprévus.

Mais je dirai volontiers autour de moi que j’y ai pris mon pied avec ces « deux chaussures », que la région est magnifique, que le groupe a bien fonctionné et que Franck, ce fou généreux qui nous tirait en avant, a réussi à nous faire marcher ensemble et au rythme qu’il a jugé bon pour nous, parce qu’il savait que nous pouvions le faire…

Randonnée côtière

Raconte-nous tes meilleurs moments et souvenirs de cette randonnée...

Aie ! Je vais commencer par le début qui fut le pire. Quand on quitte Perpignan, que le bus nous arrête ensuite sur le parking du château de Valmy et qu’on a juste pris un petit café au saut du lit, on n’imagine pas qu’on va attaquer sec et que ça va durer un bon moment. De plus, on ne sait pas ce qu’on vaut, on sait juste qu’on aime bien marcher, qu’on marche plutôt bien… mais gentiment le dimanche matin.

Bref, cette première « ascension » m’est restée dans les chaussures et le soir, devant la tombe d’Antonio Machado au cimetière de Collioure, j’avais repéré un espace libre, au cas où…

Le meilleur, c’est facile, c’est tout ce qui suit. Le lendemain où, après un bon petit déj’, on démarre comme un diesel, sans forcer l’allure et qu’on passe les 700 mètres de dénivelé sans à peine y penser…

San Pere de Rodes

Maison Dali

Et les autres jours vont s’enchainer indolores ou presque, laissant la place aux spectacles de la nature, de la montagne et de la mer… et aux avatars de la vie de groupe : la disparition temporaire d’un membre qui s’est arrêté pour une belle photo, le départ raté de celle qui au sommet de la première côte découvre qu’elle a oublié ses bâtons ou son portable à l’hôtel, les anecdotes croustillantes d’un coach pas conforme à la règle (mais on n’est pas venu pour la règle !), les pique-niques à l’ombre ou au bord d’une crique, les fous rires et les blagues graves des uns et des autres.

Sans oublier les bons restos à Collioure et Cadaquès, les fritures d’anchois et les sardines grillées, la paella du dernier soir, les sangrias au bord de la mer et les chupitos pour finir la soirée… et les lits douillets pour mieux repartir le lendemain.

Et puis il y a « le groupe », fait au départ de « gens avec qui on ne partirait pas en vacances » et qui finit en équipe soudée où chacun a le respect de l’autre, sans chichi, sans en rajouter, parfaitement conscient du caractère éphémère de cette rencontre, mais prêt à ne pas rater ce qui passe.

Pour toi, La Balaguère, c'est...

La Balaguère, c’est… des gens qui ont envie de partager, c’est des gens qui ont choisi à notre place le meilleur, c’est des gens qui nous évitent l’inconnu et la perte de temps dans des régions qu’on veut découvrir.

C’est aussi un esprit que nous autres, terriens, n’avons pas, c’est un grain de folie et beaucoup de sérieux, c’est une préparation sans faille pour laisser l’illusion de l’improvisation, c’est enfin ne pas se prendre au sérieux et bousculer un peu le traintrain du quotidien…

C’est aussi respecter l’ignare qui se laisse conduire, c’est ne pas mépriser le marcheur du dimanche, c’est faire découvrir à des gens très différents ce qu’on aime. C’est convaincre des touristes qu’ils n’en sont pas tout à fait…

Et ton prochain voyage ?

Du côté du Pays Basque, il doit y avoir de belles choses à faire. On va regarder le catalogue et notre calendrier, nos libertés et nos contraintes et on va bien trouver de quoi répondre à l’envie de repartir…

Ou alors, c’est attendre que la Balaguère trace une belle randonnée dans notre belle région de Champagne…

 

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